Le peuple Vietnamien rend hommage au général Vo Nguyên Giap

Des dizaines de milliers de personnes se sont rendus lundi le 7 octobre dans la maison située 30 rue Hoàng Diêu, à Hanoi, où vit depuis plus d’un demi-siècle la famille du général Vo Nguyên Giap. Ils voulaient exprimer leur profond regret pour ce Héros de l’indépendance du Vietnam, qui s’est éteint le 4 octobre à l’âge de 103 ans.

Général Giap

Général Giap

Dans un article paru le 4 octobre dans Le Monde, le journaliste Jean-Claude Pomonti a appelé le général Vo Nguyên Giap le héros de l’indépendance vietnamienne et écrit notamment : « Il restera dans l’histoire l’un des grands chefs du XXe siècle, le seul à avoir successivement défait et tenu tête aux États-Unis d’Amérique ». « La prise du camp retranché français de Diên Biên Phu en mai 1954 et la chute de Saigon en avril 1975 demeurent les faits d’armes de ce leader au calibre exceptionnel… Giap a largement contribué à faire échouer le retour des Français au Vietnam et à casser la relève que voulaient assurer les Américains » .Général Giap

L’article a souligné les tactiques que le général Vo Nguyên Giap a utilisées, en particulier « l’effet de la surprise » dans la campagne de Diên Biên Phu, son refus d’opter pour la formule « attaque rapide » du camp retranché français situé dans une plaine limitrophe du Laos, fixée au 25 janvier 1954. « À la dernière minuite, Giap s’accorde un délai supplémentaire de 24 heures, puis il donne l’ordre de retirer les troupes, y compris l’artillerie », a-t-il écrit, indiquant que le général Giap a reconnu plus tard que c’était la décision la plus difficile de sa carrière de commandant en chef.Général Giap

L’article apprécie hautement son génie de la logistique en citant ses parole : « Là où une chèvre passe, un homme peut passer; là où un homme passe, un bataillon peut passer » . « À Diên Biên Phu, pour livrer un kilo de riz aux soldats qui menaient le siège, il fallait en consommer quatre pendant le transport. Nous avons utilisé 260.000 porteurs, plus de 20.000 bicyclettes, 11.800 radeaux, 400 camions et 500 chevaux » . Selon l’article, sous protection d’une forêt dense, les pièces d’artillerie du Viêt-minh ont été démontées pour être acheminées sur les collines qui surplombent le camp retranché, où elles ont été réassemblées.

Cette philosiphie a été continuée avec la construction, dans les années 1960, de la « piste Hô Chi Minh », immense dédale de pistes abritées dans la jungle et de boyaux qui descendent du Nord vers le Sud en empruntant le Sud du Laos et le Nord-Est du Cambodge afin de contourner le dispositif de défense américain dans le Sud du Vietnam… Mais les Américains ne parviendront jamais à couper cette ligne de ravitaillement – hommes, munitions, matériels, chars, blindés – même en recourant à des bombardements massifs, aux défoliants, aux parachutages de centaines de milliers de mines et de pièges anti-personnels.

Pour sa part, l’Agence France Presse (AFP) a décrit le général Giap comme l’un des plus importants stratèges militaires de l’Histoire : « Autodidacte formé à coup de lectures, il avait réussi grâce à ses tactiques à défaire aussi bien les Français que les Américains ». « En 1954, il avait ainsi infligé dans la « cuvette » de Diên Biên Phu une cuisante défaite aux troupes colonialisatrices françaises, événement fondateur de l’émergence d’un Vietnam indépendant et de la fin de la domination française en Indochine »… L’AFP a constaté que ses victoires sur les Français et les Américains ont inspiré les combattants du monde entier en citant l’historien Phan Huy Lê : « L’influence et le nom du général Vo Nguyên Giap sont allés bien au-delà du territoire du Vietnam. Il a inspiré des mouvements de résistance à travers l’Asie et l’Afrique, surtout l’Algérie ».

Le Parisien a affirmé : « C’était l’un des plus importants stratèges militaires de l’Histoire, avec un grand H.  » et l’a appelé l’ »artisan de la débâcle française à Diên Biên Phu en 1954 et de la défaire américaine à Saigon 19 ans plus tard », et qu’ »il est une des figures les plus célébrées du pays après le fondateur du Parti communiste du Vietnam Hô Chi Minh ».Général Giap

Le journal en ligne Rue 89 a souligné le terme « personnage hors du commun » que Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a écrit lorsqu’il évoque sa première rencontre en avril 1989 à Hanoi avec le général Giap. L’ancien ambassadeur a raconté qu’il était frappé par la petite taille du général Giap, son œil vif et son grand front surmonté d’une crinière blanche et rappelé l’image « le volcan sous la neige », utilisé par les journalistes en parlant du général Giap.

Pour sa part, le journal L’Humanité a cité ses réponses à Brezjinski, un conseiller américain du Service de renseignement, sur le pourquoi de ses victoires : « Quelle est votre stratégie ? ». « Ma stratégie est celle de la paix ? Je suis un général de la paix, non de la guerre ».

Le journal Libération l’a appelé « personnage mythique et héroïque pour le Vietnam » et cité l’historien américain Cecil Curay qu écrivait : « Derrière chaque victoire, on retrouvait Giap, qui en était la force motrice ».

Le journal a aussi mis l’accent sur les hommages que les dirigeants et le peuple vietnamiens lui ont rendus pour ses contributions remarquables à l’œuvre de libération du pays, notamment lors des cérémonies des grands anniversaires de Diên Biên Phu et la célébration de son centenaire.

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