Thanh Hoa: La féerique grotte Tu Thuc laisse songer

la-grotte-de-tu-thucLa grotte Tu Thuc, également connu sous le nom de «grotte Bich Dao», se trouve sur la montagne Than Phu, commune de Thien Nga, district de Nga Son, province de Thanh Hoa (Nord), séduit les visiteurs tant par sa beauté que par l’histoire d’amour qui lui est liée.

Une légende romantique veut que Tu Thuc, mandarin du district de Tu Thuc, était originaire du district de Tong Son (Ha Trung actuelement). Près de sa résidence se trouvait une vieille pagode, célèbre par une magnifique pivoine arborescente qui poussait dans son enceinte. Toutes les fois que l’arbre fleurissait, il attirait une foule de pèlerins et c’était une fête à chaque printemps.

En plein jour de fête, on vit s’approcher une jeune fille de quinze à seize ans, d’une beauté sereine. En inclinant une jeune branche pour mieux admirer une fleur, elle la brisa. On ne la laissa pas partir. Déjà, le soir tombait et nul parent ne s’était présenté pour dédommager la pagode et ramener la jeune fille, quand par hasard Tu Thuc passa. Dès qu’il eut appris ce qui était arrivé, il enleva sa robe de brocart et l’offrit en échange de la liberté de la jeune fille.

Mandarin, Tu Thuc n’aimait cependant que la musique, le vin, la poésie et la nature. Un beau jour, il dénoua ainsi les cordons du sceau mandarinal et le rendit à ses supérieurs. Tu Thuc décide d’aller au port de Than Phu pour se détendre. Un matin, s’étant levé avant le jour, il vit du côté de la mer, à quelques lieues, cinq nuages de couleurs différentes qui s’épanouissaient à vue d’oeil et s’assemblaient en forme de fleur de lotus.

Il se fit mener en barque jusqu’à cet endroit. Là, une montagne superbe s’offrit à sa vue. Il fit arrêter la barque et grimpa sur la montagne: des vapeurs bleuâtres la couvraient jusqu’à une hauteur vertigineuse. Soudain il vit les flancs de la montagne s’écarter comme pour l’inviter à entrer. Il s’engagea dans le passage. Bientôt l’obscurité devint complète : la montagne s’était refermée derrière lui.

La suite se déroula comme par enchantement. Tu Thuc continua sa marche à tâtons. Quand il arriva en haut, l’atmosphère était transparente, un soleil doux et radieux laissait couler sa lumière. De tous côtés, ce n’étaient que palais richement décorés, arbres verts et riants, comme en quelque lieu de pèlerinage.

Tu Thuc reconnut la jeune fille qui brisa un jour la branche fleurie, du nom de Giang Huong (Encens Vermeil). Ils tombent amoureux et vivent une vie heureuse. Longtemps après, pris de nostalgie, il retourne dans sa ville natale. Tout lui apparut différent de ce qu’il avait connu autrefois, les paysages, les maisons et les hommes. Se sentant seul et triste, Tu Thuc voulut remonter d’où il était descendu. Mais le char s’était transformé en un phénix, et l’oiseau fabuleux, s’envolant, disparut dans le ciel. Il comprit alors que l’adieu était sans retour.

Le chemin rocailleux menant à la grotte est pentu et long de 100 m. À l’entrée de la grotte, il y a un sanctuaire pour les divinités de la montagne et, au-dessus, sur la roche, un poème en écriture chinoise louant la beauté de la grotte, composé par le roi Le Thanh Tong (1460-1497) et le chercheur Le Quy Don (1726 – 1784).

La grotte principale se compose de trois parties ou salles. La première est grande avec un plafond qui ressemble à un bol géant retourné. Au plafond pend une stalactite en forme de pêche, d’où le nom de «grotte Bich Dao». Le sol plat et a des traces du sanctuaire dédié à Tu Thuc. Il y a des stalagmites de différentes formes et tailles nommés selon l’imagination des gens.

Après, il faut passer par une fente étroite pour accéder à la seconde salle où trône une stalagmite en forme de «sacrifice des trois animaux» (bœuf, porc et chèvre). Sur la voûte, une couche de stalagmite ressemble à un «dragon couvant ses œufs d’or». Plus loin, les visiteurs découvrent de nombreuses stalactites et stalagmites aux formes étranges qui créent un monde féerique, que l’on peut relier à l’histoire d’amour de Tu Thuc et Giang Huong. Il s’agit notamment de la salle d’étude de Tu Thuc, de la salle de bains de Giang Huong et sa robe, des fleurs, des pêches, la lune, et une paire d’oiseaux de pierre.

La troisième salle est haute et large. La légende veut que deux empreintes d’homme dans la roche sont celles de Tu Thuc. Il y a aussi un bassin d’eau claire où, selon la légende, Giang Huong se baignait. À côté, il y a une bande de roches vertes et une autre de rochers en forme de grenouilles, qui sont considérées comme l’image du pays natal dans la mémoire de Tu Thuc. Enfin, il y a deux allées, l’une menant au ciel et l’autre aux entrailles de la terre, que les gens appellent les «chemins vers le paradis et l’enfer».

De l’entrée de la grotte, le regard embrasse l’échiquier des rizières, une rivière sinueuse et un village caché parmi les massifs de bambous. Et les touristes repensent à l’histoire de Tu Thuc qui s’est fourvoyé dans un endroit féerique mais qui, un jour, a ressenti de la nostalgie pour sa terre natale.

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