L’ethnie Dao rouges: Lê phan ty dans le mariage

le-phan-tyLe phan ty est un instrument à vent des Dao rouges qui ressemble à une bombarde rudimentaire. Instrument rituel, il est uniquement utilisé lors des mariages et des cérémonies de passage à l’âge d’adulte. Pour les Dao rouges, le son du phan ty est celui du bonheur conjugal.

« Vivre au son du phan ty et du tambour et mourir à la lumière des lampes à huile », ce dicton résume la conception qu’ont les Dao rouges de l’existence. Le phan ty étant symbole de joie et de bonheur, il est strictement réservé aux cérémonies les plus heureuses : le mariage et le passage à l’âge d’adulte. C’est ce qui distingue les Dao rouges des autres ethnies qui possèdent aussi cet instrument mais qui en font une utilisation plus large. Dans un mariage des Dao rouges, le premier son de phan ty est toujours plus long et plus gai que les autres : il exprime la joie qu’éprouve la famille du jeune marié d’accueillir celle de la mariée.

Après ce son qui marque l’arrivée de la mariée chez son mari, le phan ty résonnera encore huit fois au cours de la cérémonie : lorsque les jeunes époux se prosternent devant l’autel des ancêtres, lorsqu’ils expriment leur gratitude envers leurs parents, lorsqu’ils reçoivent les invités de marque ou encore lorsque la délégation de la famille de la mariée quitte la maison du marié… La mélodie dédiée aux parents est la plus belle. Lente, elle exprime la tristesse ressentie par la jeune femme qui doit bientôt quitter ses parents, son chez elle pour aller chez son mari. La mélodie est aussi un remerciement que la mariée adresse à ses parents pour tout ce qu’ils ont fait pour elle et surtout, selon la croyance des Dao rouges, pour l’éducation qu’ils lui ont dispensée et qui a fait d’elle la femme qu’elle est devenue.

Le phan ty est accompagné du tambour, du gong et de la cymbale. Chaque air dure de 5 à 7 minutes. Cet instrument rudimentaire comprend un pavillon conique et un long tube sur lequel sont percés 7 trous équivalent aux 7 hauteurs de son qu’il est capable de produire. Trieu Quy Kim qui habite le district de Luc Yen, dans la province septentrionale d’Yen Bai, est un maître de phan ty :

« Apprendre à jouer n’est pas difficile, mais l’important est de savoir jouer quelle mélodie dans quel contexte. C’est d’ailleurs la première leçon qu’on donne aux apprentis du phan ty. »

La société se développe, la vie des Dao rouges a aussi beaucoup changé pour s’adapter aux nouvelles conditions. Mais ils tiennent à préserver leur tradition, ne serait-ce que musicale. Comme une bénédiction transmise de génération en génération, le phan ty continue d’émettre des vœux de bonheur éternel aux jeunes couples.

Source: VOV

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