Livres de culte et estampes rituelles

estampes-rituellesPolythéïstes et syncrétistes, les San Chi se sont constitué un véritable trésor de livres de cultes et d’estampes rituelles qui sont autant de témoignages d’une vie spirituelle intense.

Faute de posséder une écriture qui leur soit propre, les San Chi utilisent les caractères démotiques sino-vietnamiens, que l’on appelle « nôm », pour retranscrire leurs oraisons, mais aussi pour consigner par écrit les procédés de fabrication de leurs remèdes ou encore leurs airs alternés traditionnels. Ils se sont ainsi constitué un véritable patrimoine livresque qui se transmet de génération en génération. Mais attention, lorsqu’il s’agit d’un livre de culte, seuls les hommes ont le droit de le compulser. Tran Binh, de l’Université de Hanoï :

« Les livres de cultes sont déposés dans une boîte laquée qui est mise sur l’autel des ancêtres. On y trouve consigné le déroulement des rituels qui marquent la vie d’un San Chi : cérémonie pour un nouveau-né, mariage, funérailles, oraisons funèbres… On recense une bonne cinquantaine de brochures écrites en nôm. Malheureusement, de nos jours, très peu de gens peuvent encore les lire. »

Eh oui, le nôm a toujours été l’apanage d’une élite intellectuelle, aussi bien par le passé qu’aujourd’hui. Lam Van Oanh, un professeur du district de Luc Ngan :

« Les oraisons des San Chi peuvent se répartir en plusieurs catégories. Il y a celles qui sont dédiées aux ancêtres, celles qui sont dédiées aux divinités… Mais seuls les intellectuels et les maîtres de rituels sont capables de lire le nôm et d’en proposer une traduction. »

La spiritualité des San Chi prend aussi un aspect iconographique, avec nombre d’estampes rituelles qui représentent aussi bien les divinités taoïstes que le Bouddha ou les génies tutélaires de l’agriculture, de l’élevage, de la phytomédecine… Tran Binh, encore une fois :

« Avant d’invoquer un génie quelconque, il faut lui consacrer un espace dans ce bas monde. Or, les estampes rituelles reproduisent justement les milieux où demeurent les divinités taoïstes et bouddhistes. L’Empereur de Jade trône dans le palais du ciel, le Bouddha demeure au nirvana, le Roi Dragon occupe, lui, la mer. »

Les estampes dédiées aux génies tutélaires de l’agriculture et de l’élevage sont accrochées à proximité de l’entrée principale. Comme offrande, le propriétaire dépose un panier de riz au-dessous des estampes pour s’assurer une saison clémente.

Les estampes sont également exposées lors de la fête du Nouvel An, de la cérémonie de passage à l’âge d’homme, du mariage ou des funérailles.

Source: VOV5

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