Le Têt chez les minorités ethniques

tet-chez-les-thai

Un repas du Têt chez les Thaï de Nghê An.

Direction les villages montagneux où l’ambiance festive du Têt traditionnel règne partout. Partons à la découverte des coutumes traditionnelles riches et authentiques des ethnies minoritaires, de leurs mets aussi divers que succulents…

Comme les Kinh, les ethnies minoritaires adorent fêter le Têt qui coïncide avec les vacances les plus longues de l’année. Chacun profite de cette période pour se reposer d’une dure année de labeur et pour retrouver ses proches et ses amis.

Les Muong de la province de Son La (au Nord) pratiquent le culte des ancêtres et préparent avec beaucoup de soin les différentes offrandes. Bùi Van Toi a précisé: “Le poulet, le porc, le banh chung, le banh day et le banh trôi sont des offrandes indispensables pour le Têt. Le tout est déposé sur l’autel des ancêtres et ensuite, la maisonnée se le partage. Dans l’ordre, on déguste en premier les boulettes banh troi puis le gâteau de riz gluant banh chung, du riz et de la viande. Moi, j’ai neuf enfants et chacun d’eux a sa propre famille. Au moment du Têt, on se retrouve tous en famille pour festoyer ensemble comme le veut la tradition”.

Mais avant de prendre les baguettes, les enfants sont invités à présenter leurs meilleurs vœux à leurs parents et à leurs grands-parents. Autour du repas composé d’une salade de tête de porc, accompagnée de légumes et de jeunes pousses de bambou amer, on déguste, on trinque, on chante… Les histoires s’enchaînent dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

Bùi Van Bang est heureux de partager ce moment avec sa famille après une année de travail acharné: “Je souhaite que l’année du Singe m’apporte la santé, la prospérité et de la joie aussi et que la malchance s’en aille avec l’année passée”.

Les Thaï de la province de Nghê An (au Centre) rangent enfin leurs outils. Pour eux aussi, il est temps de préparer le repas du Têt. Le 29e jour du douzième mois lunaire, la coutume veut qu’ils déposent un gâteau devant l’autel du génie du foyer pour montrer leur gratitude envers le gardien du feu de la famille. Dans cette ethnie, le feu a une signification particulière. On s’en sert bien sûr pour cuisiner mais aussi pour chasser les animaux sauvages et les âmes maléfiques.

Chez les Thaï, pas question de fêter le Têt sans les trois gâteaux de riz gluant de forme carrée, oblongue et de corne de buffle, témoins du respect des agriculteurs envers la nature et les forces célestes.

Dans les hameaux habités par les Thai Blancs de Diên Biên (au Nord), le rythme du pilon retentit partout car toutes les familles sont en train de confectionner le “khau xen”, le gâteau incontournable du Têt.

Hoàng Van Huynh, un villageois a confié: “En dialecte thaï, “khau” signifie “ riz” et “xen” “coupé”. Ce met est donné en offrande aux ancêtres que nous remercions pour avoir eu une récolte abondante. Autrefois, on le grignotait avec les hôtes de passage à la place des friandises qui coûtaient trop cher”.

Pour confectionner le “khau xen”, on choisit le meilleur riz gluant parfumé et on le mélange avec du manioc. “On ne prépare le “khau xen” qu’au moment du Têt. Ce plat se prépare avec du riz gluant et du manioc. Le riz est cuit à la vapeur, puis pilé et séché au soleil. On n’utilise que la moitié supérieure du manioc car elle est plus douce et plus jeune. Le jeune manioc haché est aussi cuit à la vapeur, pilé en pâte, puis étalé finement et séché. Enfin, on le coupe en lamelles pour garnir le riz gluant”, a souligné Hoàng Thi Mai, une villageoise.

Les Tày et les Nùng de la province de Cao Bang (au Nord) préparent aussi leurs gâteaux traditionnels: le “khau sli” et le “khao”, confectionnés à base de riz gluant, de cacahuète et de miel.

Duong Thi Canh, une Nung, a expliqué: “Le khau sli et le khao sont les deux gâteaux emblématiques du Têt de notre ethnie. Le khau sli signifie “délicieux” et “doux” comme les chants sli luon des Tay et des Nung. Le khao est dégusté lors du premier jour de l’an lunaire où la viande est interdite. C’est une journée végétarienne ».

Les douces mélodies du khèn, une sorte de flûte de pan des minorités ethniques, accompagnent les festivités printanières. Des rendez-vous se donnent dans les champs de fleurs de moutarde blanches dont les bourgeons viennent d’éclore.

Source: VOV

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s