Le marché de Bac Ha au printemps

marche-bac-haBắc Hà est sans nul doute l’un des marchés les plus importants des hautes montagnes du Nord, mais aussi l’un des plus touristiques. Tous les dimanches, les habitants de la ville de Bac Ha et des localités avoisinantes – soit 14 minorités ethniques – se retrouvent, formant ainsi une mosaïque des plus colorées.

Il fait froid dans le nord-ouest. Les montagnes sommeillent sous un brouillard épais, mais pas les gens. Pas question d’attendre le lever du soleil pour se rendre au marché. Ici, tout le monde est à pied d’œuvre dès potron-minet. Certains ont même devancé l’appel, se mettant en route dès la veille. Pour rien au monde, on ne voudrait manquer ce dernier marché de l’année où l’on brade tout, histoire de pouvoir faire bombance pendant le Têt. C’est le cas de Thào Thêu Dế, qui est venu avec 2 hottes d’encens: “J’ai attendu jusqu’aux derniers jours de l’année lunaire pour vendre mes hottes d’encens. Ça va me rapporter environ 200 mille dongs, de quoi acheter du porc, des légumes et des aliments séchés pour le Tet.”, nous dit-il.

Les rires et les conversations qui s’échangent au marché réveillent toute la contrée. On y apporte thé, fruits, miel d’abeille, alcool, brocatelle, bijoux en argent, orchidées, mais aussi chevaux, bœufs, porcs… et j’en passe. La plupart des habitants doivent vendre leurs produits avant de pouvoir acheter ce dont ils ont besoin pour le Tet. Tổ Củi, de l’ethnie Phù Lá, espère vendre 4 selles de cheval: “Je vais vendre ces selles qui servent aux bêtes de somme. J’en fais 4 chaque semaine et j’espère pouvoir tout vendre pour acheter de l’alcool et 4 kilos de viande. Chez moi, on va abattre aussi quelques poulets.”

La viande indispensable aux habitants des hautes montagnes est le porc. Ne vous étonnez donc pas de voir une foule extraordinaire devant chaque étal de porc. D’ordinaire, Giàng Seo Sang n’abat qu’un seul porc, mais à l’occasion du Tet, il doit en abattre 2. “J’ai ouvert mon étal à 6h, il ne reste presque plus rien maintenant. Chaque porc pèse 140 kilos. Les gens en achètent pour les dépecer et les faire sécher, comme il est de tradition durant le Tet.”, confie-t-il.

Chaque famille achète de 5 à 10 kilos de viande en moyenne. L’augmentation de la demande entraîne une légère hausse des prix. Phạm Văn Thủy est gestionnaire au marché de Bac Ha, indique: “Nous comptons jusqu’à 70-80 étals de porc, alors qu’il y en a seulement une vingtaine ou une trentaine en temps ordinaire. Pour les prix, ça augmente chaque jour à l’occasion du Têt. Pour le poulet par exemple, ça coûte 110 mille dongs le kilo aujourd’hui contre 80 mille d’ordinaire.”

Autre endroit animé du marché: celui où on vend des animaux domestiques. Les uns font défiler leurs buffles, leurs bœufs et leurs chevaux, les autres les scrutent du regard, leur flattent la croupe et marchandent. Le buffle de Thào A Dính a plu à beaucoup de gens, mais personne n’a voulu payer le prix qu’il demande: 15 millions de dongs.

“J’ai chez moi 2 buffles, j’en vends un pour le Têt et en garde un pour le labour. Celui-ci, je veux le vendre 15 millions de dongs parce que je dois acheter beaucoup de choses: vêtements, viande… beaucoup. Cette année, il fait froid. Je me sens bien obligé de le vendre. Car je n’ai pas suffisamment de places pour 2 buffles”, dit-il.

Les denrées alimentaires ont bien sûr la cote, mais les ustensiles agricoles comme les herses, les charrues et les couteaux aussi. Après tri et comparaison, Vàng Văn Lồ, de l’ethnie Tày, a finalement pu choisir un couteau bien tranchant. “Il faut que ça soit parfait. Ce couteau va me suivre au champ. Nouvelle année, donc nouveau couteau. Mais je dois acheter encore d’autres choses: vêtements, chaussures. Quant à la nourriture, on peut s’autosuffire avec nos élevages”, dit Lô.

Les étals les plus colorés sont sans doute ceux consacrés aux vêtements. Thào Van Sinh en vend depuis 4 ans. “Jeunes ou vieux, tout le monde vient acheter mes vêtements. Ça convient à tous. Depuis ce matin, j’ai empoché 2 millions de dongs”, dit-il.

Après avoir acheté tout ce dont ils ont besoin, les gens s’attardent autour d’un poêle de thắng cố, cette spécialité culinaire faite de tripes de bétail. C’est le moment pour eux de discuter de tout et de rien. Pour les jeunes, c’est l’occasion de fixer des rendez-vous galants qui promettent d’être aussi nombreux que les festivités printanières.

Source: CPV

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Une réflexion sur “Le marché de Bac Ha au printemps

  1. Quel beau souvenir que le marché de Bac Ha, un de mes préférés avec ceux de Dong Van et Meo Vac ! Vous en décrivez très bien l’ambiance à travers ces scènes de vie, bravo ! Un de mes amis blogueurs indiens m’a récemment demandé des conseils pour son prochain voyage. J’en ai profité pour en faire un article. Il veut lui aussi voyager au plus près de la population.

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