Les Khmers chiquent toujours du bétel

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Chiquer du bétel est considéré comme sacré.

Alors qu’au Nord, les Kinh ne chiquent presque plus de bétel, au Sud, les Khmers le font toujours. La preuve que certaines coutumes ancestrales perdurent.

Au Vietnam, chiquer du bétel est une coutume millénaire. De nos jours, cette tradition se perd, en ville comme à la campagne, notamment chez les Kinh (ethnie majoritaire habitant la plaine). Néanmoins, lors des cérémonies de mariage, la famille du marié offre toujours à celle de la mariée des chiques de bétel, même si personne ne les utilise.

Chez les Khmers, une ethnie minoritaire vivant dans le delta du Mékong, chiquer du bétel est une tradition toujours bien vivante. Il existe, lors des cérémonies préalables au mariage, une coutume importante dite «rite de chiquer du bétel». Sacré et obligatoire, ce rite se répète trois fois. Les étapes successives sont appelées Si S’la dok (la première fois), Si S’la kanh-siêng (la deuxième fois) et Pithi Beân chet (la troisième fois).

Chiquer pour le bonheur des mariés

En effet, Si S’la dok est comparable à la cérémonie dam ngo des Kinh. Elle se déroule à l’occasion de la première rencontre entre les familles des deux promis. La famille du garçon rend visite à celle de la jeune fille, avec comme cadeau un plateau chargé de bétel et deux chandelles. La famille du garçon se renseigne sur la situation de sa belle-famille et notamment sur la date de naissance de la jeune fille (pour voir si son âge est convenable à celui du garçon). En chiquant du bétel, on devise gaiement et on discute pour définir la date de S’la kanh-siêng.

S’la kanh-siêng, ou la cérémonie an hoi (demander la main de la jeune fille) chez les Kinh, a lieu à la maison de la jeune fille, avec la présence obligatoire d’un Môha (un bonze vénérable). Ce dernier accompagne la délégation de la famille du garçon. Les offrandes comprennent : un plateau de bétel, deux jarres d’alcool, deux boîtes de thé, deux sacs de gâteaux et des fruits frais. À cela s’ajoute un papier sur lequel est inscrite la date du mariage.

Le Môha pratique un culte avant d’offrir du bétel à toutes les personnes présentes. Après que le chef de la famille de la jeune fille ait lu à haute voix la date du mariage, le Môha déclare, d’un ton solennel, que les deux familles sont désormais liées. Un repas en petit comité est ensuite offert à la famille du garçon.

C’est lors du Pithi Beân chet, appelé aussi la cérémonie Lonmôha (fiançailles), que le garçon doit se présenter chez sa petite amie. C’est aussi l’occasion pour la jeune fille d’apparaître officiellement devant sa belle-famille. La délégation de la famille du garçon, plus nombreuse, apporte plusieurs offrandes : quatre paquets de bétel, quatre régimes de bananes, quatre jarres d’alcool, quatre boites de thé, deux pieds de porc, deux poulets, deux canards, etc. Sans oublier une enveloppe remplie d’argent à offrir à la mère de la jeune fille en signe de remerciement, ainsi que des vêtements de mariage et des bijoux pour la jeune fille.

Avant le festin, le bétel

La cérémonie a lieu sous la direction du Môha. À côté des offrandes, on prépare un copieux festin qu’on offre aux ancêtres et aux génies de protection. Après le culte, tout le monde est invité à chiquer du bétel, avant de participer au festin. L’arôme relevé et la saveur pénétrante du bétel semblent enivrer tout le monde. C’est le moment d’offrir des cadeaux, d’annoncer à tous le jour du mariage, et de discuter de la construction d’une maison de noce pour les futurs mariés.

La tradition veut que la famille du fiancé se charge de la construction de la maison de noce, qui doit être achevée avant le jour J. Après les fiançailles, le fiancé doit rester chez sa future femme (sans qu’ils ne dorment dans le même lit) afin de participer aux préparatifs du mariage. L’occasion de faire preuve de son talent dans la gestion des affaires familiales. S’il montre de l’impudence ou de la paresse, le garçon peut être refusé par la famille de la fille. Dans ce cas, le mariage est annulé.

Les cérémonies précédant celle de mariage en disent long sur l’importance du bétel dans la vie spirituelle des Khmers. Chiquer du bétel est considéré comme sacré. Cela contribue à nouer des liens étroits au sein de cette communauté ethnique.

Source: CVN

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