L’art vestimentaire des K’ho

les-femmes-khoA l’instar d’autres peuples des hauts plateaux du Tay Nguyen, les K’ho tissaient et confectionnaient eux-mêmes leurs vêtements. Modernisation oblige, ils n’ont plus besoin de le faire maintenant, mais ceux qui restent attachés aux traditions gardent toujours la façon de s’habiller de leurs aïeux.

Autrefois, pour les K’ho, les vêtements étaient uniquement destinés à couvrir l’appareil génital. Les hommes ne portaient donc qu’un cache-sexe et les femmes, un pagne. Leur poitrine était à découvert.

Il y a très longtemps, en guise de tissu, les K’ho utilisaient l’écorce des arbres de la forêt. Après avoir été immergée pour ne plus secréter de sève, cette écorce était pliée, trouée pour faire entrer la tête et les mains et cousue avec des fils de rotin. Cette «veste» rudimentaire protégeait du froid. Puis, petit à petit, les K’ho ont appris à tisser et à confectionner des vêtements. Mais le principe du torse nu est resté strictement respecté, en tout cas en été. Réputés pour leur corps robuste, les hommes K’ho sont fiers d’en montrer le haut, se contentant de porter un cache-sexe assez large, long de 1,5 à 2m. Duôm Dai Bat, un membre de cette ethnie :

«Les motifs et les franges restent les mêmes qu’avant. Les premiers sont des figures transversales et horizontales, les seconds sont accrochés aux deux extrémités du cache-sexe, qui ne doit pas être trop court. Il doit dépasser obligatoirement les genoux.»

Lorsqu’ils sont amenés à porter un haut, les hommes K’ho choisissent une espèce de poncho de couleur bleu nuit. Les motifs décoratifs, qui se concentrent vers le bas du poncho, sont essentiellement des fleurs et des yeux d’oiseaux.
Chez les dames, c’est une tradition d’apprendre à tisser non seulement pour se faire soi-même de beaux habits, mais aussi pour vêtir toute la famille et, chose originale, présenter ces produits en offrandes à la famille de l’élu de son cœur.

Les femmes K’ho aiment les brocatelles. Leurs jupes descendent jusqu’aux genoux, laissant apparaître leurs jambes d’athlètes. Autrefois, en été, elles se promenaient seins nus – Ciel! « cachez ce sein que je ne saurais voir! »… -, et en hiver, elles couvraient le haut d’un tissu large. La mode a changé, aujourd’hui elles ont adopté des vêtements supérieurs moulants et courts qui vont parfaitement avec leurs jupes traditionnelles. Leurs motifs décoratifs préférés sont des traits élémentaires (rond, zigzag, losange…), des animaux, des objets proches de la vie quotidienne. Le peintre Lê Văn Cương, un collectionneur de vêtements ethniques:

«Les motifs K’ho sont très représentatifs. Ils adorent les couleurs sombres, en particulier le bleu marine et le bleu nuit. Sur un tissu, les femmes K’ho créent les motifs des deux bordures, ce qui est très difficile puisque ça suppose une bonne compréhension de la composition et de la disposition des fils horizontaux et verticaux. Seules les tisseuses chevronnées en sont capables.»

Aujourd’hui, les habits traditionnels sont peu utilisés dans la vie quotidienne des K’ho. Mais lorsqu’ils les arborent, à l’occasion des fêtes, c’est avec beaucoup de fierté et aussi avec une conscience aigüe de ce que cela représente en termes de responsabilité vis-à-vis de la tradition.

Source: VOV5

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